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Angers Affaire Taubira : Titi Robin dénonce « un relâchement moral nauséabond »

0 04.11.2013 08:50
L’univers musical de Titi Robin se situe aux confluences des cultures gitanes, orientales et européennes.

L’univers musical de Titi Robin se situe aux confluences des cultures gitanes, orientales et européennes.

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A propos de « l’affaire Taubira », le musicien Titi Robin dénonce « un relâchement moral nauséabond ».

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« L’affaire Taubira » et de la banane d’Angers continue de faire réagir. Dans la même veine que la remarquable chronique de François Morel, vendredi dernier sur France-Inter, Titi Robin nous a adressé une longue lettre ouverte. C’est un vrai cri du cœur que lance ce musicien qui se produit dans le monde entier. Né en Maine-et-Loire à la fin des années cinquante, il a développé un univers musical original se rattachant au monde méditerranéen, aux confluences des cultures gitanes, orientales et européennes.

« Je suis blessé et en colère »

« Permettez-moi de prendre la parole d’une manière personnelle. Je suis né dans un village angevin où on élevait (comme toujours aujourd’hui) des vignes pour élaborer un vin moelleux, généreux, destiné au partage, à l’accueil des visiteurs, aux célébrations familiales. J’ai reçu dans ce village une éducation traditionnelle, riche, que je porte avec fierté, qui m’a permis de voyager et de rencontrer de par le monde des hommes et des femmes avec leurs propres bagages culturels. Nous avons échangé, et ainsi je me suis construit, j’ai grandi, mariant mes racines à celles rencontrées. Comme je savais d’où je venais, je retrouvais toujours ma route. Durant toutes ces années, je suis toujours resté fidèle à ma région. Je l’aime. Aujourd’hui, je suis blessé, humilié, et en colère. Les paroles et gestes d’une enfant d’une douzaine d’années et d’un notable expérimenté auraient-ils souillé l’air ? Ou bien est-ce le silence et l’apathie qui ont suivi ces événements qui me troublent ? De France et de l’étranger me parviennent des messages : "Que se passe-t-il chez vous ? Pourquoi les gens sont-ils devenus ainsi, en Anjou ?

« La crise mène au repli sur soi »

Dans les rues d’Angers, des gens évoquent leur gêne ou leur honte à voix basse. Je ne pense pourtant pas que nous ayons changé. La lâcheté ou tout au moins le manque de clairvoyance de nos dirigeants (de gauche) comme de leurs collègues dans l’opposition (de droite) encourage certains intellectuels, certains médias et des gens de pouvoir à développer dans le pays une atmosphère profondément malsaine. Il y a là quelque chose de pathologique, la crise encourageant le repli sur soi. Du coup, cette minorité dans notre société qui a porté et portera toujours en son sein des idées empoisonnées se sent soudain libre de les exprimer au grand air. Notre pays avait connu ce phénomène il y a longtemps. Il y a aujourd’hui comme un relâchement moral nauséabond.

« Il importe de parler fort »

Et puis voilà : Une fillette de douze ans peut traiter comme un animal, en rigolant, en l’insultant, devant le public, la presse, et ses parents ravis, une femme d’une grande culture intellectuelle et morale, représentante du gouvernement, car l’enfant a la peau blanche et la femme la peau noire. Un notable d’une ville de la région ironise autour de l’extermination pendant la deuxième guerre mondiale des ancêtres d’une partie, minoritaire, de sa population (qu’on appellera ici Gens du voyage) et se félicite aujourd’hui de les chasser de son territoire. Ces événements sont mis en lumière car ils concernent des personnages publics. Nous devons savoir qu’ils correspondent à la face émergée du problème. Cela signifie que bien d’autres personnes souffrent en silence. Si notre corps social est endormi, affaibli, il importe de réveiller ses anticorps . Il importe aussi de parler fort. Ayons confiance en nos forces, nous devons pouvoir continuer à être fier de qui nous sommes, de nos racines comme de notre hospitalité, qui vont de pair ».

Les intertitres sont de la rédaction


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