24 Heures du Mans: Porsche au bout du suspense, Toyota n'y arrive pas

0 18.06.2017 15:47

La Porsche 919 Hybrid N.2, pilotée par l'Allemand Timo Bernhard, aux 24 heures du Mans, le 18 juin 2018

JEAN-FRANCOIS MONIER - AFP

L'Allemand Timo Bernhard, et les Néo-Zélandais Brendon Hartley et Earl Bamber (Porsche 919 Hybrid) ont remporté dimanche les 24 Heures du Mans au bout d'une suspense, une édition marquée par le nouveau fiasco de Toyota.

Disputée sous une très forte chaleur, cette 85e édition, a vu une hécatombe des voitures de la catégorie reine (LMP1), dont deux sur six seulement ont vu le drapeau à damier, et restera dans les annales en raison de la composition de son podium.

En effet, on attendait un duel serré avec Toyota, désireux de prendre sa revanche après son échec de 2016.

Mais l'écurie allemande, débarrassée de la menace nippone à mi-course, a cette fois-ci lutté jusqu'au bout avec une LMP2, la catégorie réservée aux petits prototypes non-hybrides.

L'empêcheur de tourner en rond de cette 85e édition porte un nom très connu dans l'univers cinématographique.

C'est en effet l'Oreca-Gibson N.38 de l'écurie Jackie Chan DC Racing qui a résisté jusqu'à 67 minutes de l'arrivée, terminant dans le même tour.

Elle s'était emparée de la tête à la faveur de l'abandon de la Porsche N.1 peu avant midi dimanche.

La Porsche N.2 a elle remonté cinquante places après avoir été immobilisée plus d'une heure aux stands samedi.

L'équipe de la mégastar asiatique, absente ce week-end, a pu s'appuyer sur la révélation de cette année, le Français Thomas Laurent, 19 ans.

- Le retour de la 'malédiction' -

Le grand espoir du WEC a fait plus que répondre aux attentes avec des relais très aboutis, hormis une petite erreur samedi dans la soirée.

Il a largement contribué au meileur résultat jamais enregistré par une LMP2.

La Vaillante Rebellion N.13, également une LMP2, a décroché la 3e place du général.

"Nous avons dû repousser les limites contre des Toyota très performantes, ce qui explique les soucis rencontrés", a souligné Andreas Seidl, Team Principal de Porsche, visiblement soulagé d'avoir évité d'être battu par plus faible.

"Il y a un ratio de un à cinq entre le budget de Porsche et celui de Vaillante Rebellion", détaillait à ce sujet un ingénieur de ByKolles Racing, et de un à dix avec les autres LMP2.

Du côté de Toyota, on pensait avoir vécu le pire en terme de désillusion, avec le scénario complètement fou de l'édition précédente, qui avait vu la victoire s'envoler à l'entame du dernier tour.

Mais la plaie encore "mal cicatrisée" de 2016, selon Stéphane Sarrazin, s'est rouverte avec les nouveaux déboires vécus en 2017.

En engageant trois TS050 Hybrid contre deux 919 Hybrid à Porsche, les dirigeants de l'écurie nippone n'avaient évidemment pas envisagé de perdre quasiment tout chance de s'imposer avant même la mi-course.

Avec le retrait d'Audi, cet décision leur donnait toutes les cartes en main pour enfin s'imposer, à la dix-neuvième tentative.

Cruel clin d'oeil du destin, celle-ci correspond en définitive au dix-neuvième triomphe de Porsche, qui conforte sa place de constructeur le plus titré.

La "malédiction" qui frappe le groupe japonais dans la Sarthe depuis ses débuts en 1986 a encore frappé.

- Toyota et Porsche pourraient partir -

Tout s'est précipité aux environs d'une heure du matin dimanche. Victime de problème d'embrayage, la Toyota N.7, en tête, s'est soudain mise au ralenti et n'a pu rejoindre les stands.

Pas le temps de souffler que la N.9, passée en deuxième position derrière la Porsche N.1, a commencé à fumer, avant également d'abandonner.

Outre le sort qui s'acharne, la gestion des pneus derrière le safety-car semble avoir pêché.

Le pedigree des pilotes engagés par Toyota ne manquera pas non plus d'être discuté.

Du côté de Porsche, on alignait sept succès au Mans (Bernhard en 2010, Jani en 2016, Bamber et Tandy en 2015, Lotterer en 2011, 2012, et 2014) contre aucun chez les pilotes de l'écurie dirigée par Pascal Vasselon.

Malgré un proto plus rapide qui a signé le record du tour en pole et en course, la fiabilité coutumière de l'équipe allemande a payé dans des conditions de chaleur inhabituelles.

Dans la catégorie GTE-Pro, la bagarre très animée remportée par Aston Martin devant Chevrolet a tenu toutes ses promesses.

Organisateurs et spectateurs espèrent revoir une telle qualité de spectacle et d'incertitude en 2018, alors que Porsche est tenté de se retirer et que Toyota s'interroge.

 

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